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Non ce n'est pas une question métaphysique, mais une simple réflexion que l'on peut se poser pendant les vacances à la suite d'une saison réussie ...ou non !!!

J'ai trouvé une réponse intéressante à cette question, que je vous propose ci-dessous, à la suite d'une semaine surchargée au CBOME ou dans un contexte très relevé (que des 1ère séries) ma partenaire, et moi, nous avons fini par nous demander ce que nous étions venue chercher dans cette galère prévisible (pour notre niveau actuel) de résultats négatifs.

Heureusement à la fin de la consolante nous avons gagné le dernier match pour nous rassurer un peu !!!

Vous pouvez aussi trouver l'article à cette adresse : http://www.la-croix.com/Archives/2014-01-28/Pourquoi-joue-t-on-.-ENQUETE.-Pourquoi-joue-t-on-2014-01-28-1097972

 

ENQUETE. Pourquoi joue-t-on ?

Tout jeu procure du plaisir, une sensation qui est engendrée par une activation du « centre de la récompense », lui-même très lié au centre d'apprentissage du cerveau (1)

28/1/14 - 00 H 00

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VERSION PAPIERVERSION WEB
 

«Lorsque je joue, je cherche à la fois le plaisir, la confrontation et la relation sociale », explique Caroline, 67 ans, libraire, adepte des jeux de société du type Scrabble, Monopoly ou bridge, un jeu où, en plus, « on fait équipe ». « Je joue pour gagner. Jouer, c'est éprouver une forme de griserie, une douce euphorie, surtout quand on gagne. Je ne joue jamais aux jeux d'argent, et ne pratique pas les jeux vidéo, sauf le Candy Crush(alignement de trois bonbons identiques qui, alors, explosent et disparaissent de l'écran) qui, pour le coup, est parfaitement bien conçu pour qu'on devienne addict », précise-t-elle.

D'autres raisons peuvent être invoquées pour les jeux vidéo aujourd'hui très en vogue et dont la pratique a véritablement explosé. Ainsi, « jouer aux jeux vidéo, avec un ordinateur ou une console, est pour moi un plaisir simple, un divertissement, un passe-temps, avoue Norbert, 27 ans, urbaniste. J'aime bien jouer à un jeu de football (Fifa 14), c'est convivial, on peut le pratiquer à deux ou à quatre. J'aime bien gagner. Adolescent, je pratiquais un jeu stratégique, Age of Empire, une à deux heures par jour. C'est un jeu où on est actif, où on construit des choses, où on imagine. Je ne joue pas aux jeux d'argent comme le poker. En revanche, il m'arrive de faire des parties de dames, un jeu de réflexion et de stratégie », poursuit-il.

Plus stratégique encore, le jeu de bridge dont raffole Antonin, 35 ans, ingénieur. « Je joue pour le plaisir, parce que c'est un jeu social, varié, où il y a une grande diversité de coups, et où on peut progresser », explique-t-il. Il nécessite attention, logique, endurance (une partie peut durer plusieurs jours) et psychologie, pour mieux tromper l'adversaire. En revanche, il ne joue jamais au casino, ni au tiercé, des jeux où la part de chance est trop importante selon lui. Encore moins au Loto où, là, c'est le pur hasard…

« Bien entendu, le jeu n'est pas l'apanage de l'homme (il est aussi présent chez l'animal), explique Édouard Gentaz, professeur de psychologie du développement à l'université de Genève. Et il existe bien d'autres sortes de jeux (physiques comme les jeux de balle, cognitifs comme les échecs) qui constituent un bon moyen pour l'enfant de grandir, d'apprendre des règles, de réguler ses émotions et d'imaginer d'autres mondes, tout en se faisant plaisir. »

Mais, durant ces moments de plaisir, que se passe-t-il dans notre cerveau? Notre comportement change-t-il selon la fréquence et la nature des jeux que l'on pratique? Depuis quelques décennies, on sait que toute action plaisante stimule des zones particulières de notre cerveau qu'on appelle centres du plaisir ou zones de récompense, distribués le long du faisceau médian des hémisphères cérébraux. « Ils ont été découverts dans les années 1950-1960 chez le rat puis chez le primate à qui on apprend, au laboratoire, dans un contexte expérimental, à appuyer sur un levier pour stimuler une région de leur cerveau génératrice de plaisir »,explique Romain Ligneul, doctorant au Centre de neurosciences cognitives du CNRS à Lyon.

Depuis les années 1990, elles ont également été mises en évidence chez l'homme avec l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), souvent appelée imagerie médicale. On la qualifie de « fonctionnelle » parce que neurobiologistes et cogniticiens observent, pratiquement en temps réel, les zones du cerveau qui s'activent (via une augmentation du débit sanguin) au moment où ils évoquent pour le cobaye volontaire une réussite ou un événement agréable tel que le gain d'argent ou une boisson rafraîchissante plutôt qu'un breuvage aigre et tiède. En 2010, l'équipe de Jean-Claude Dreher de Lyon, à laquelle appartient aujourd'hui Romain Ligneul, a montré dans Journal of Neuroscience qu'il existait au sein du cortex orbitofrontal (situé dans la partie antérieure et ventrale du cerveau) des régions distinctes répondant à des récompenses secondaires comme l'argent ou à d'autres plus primaires comme des images érotiques. Des résultats qui ont ouvert de nouvelles pistes pour la compréhension de l'addiction aux jeux d'argent ou l'étude des réseaux neuronaux impliqués dans la motivation et l'apprentissage.

En effet, on s'est aperçu que le cerveau humain n'était pas réactif seulement à une chose agréable, mais aussi aux mécanismes à mettre en œuvre pour accéder à cette chose agréable. Comme si cela renforçait le plaisir final. En d'autres termes, le système de récompense du cerveau est indissociable du système d'apprentissage: l'obtention d'une récompense est liée à un apprentissage, et vice versa. Ce couplage apprentissage-plaisir se manifeste notamment par le fait qu'un joueur qui ne progresse plus dans un jeu risque fort de perdre cette notion de plaisir.

Au point de vue neurohormonal, tous les événements positifs, quel que soit le contexte, s'accompagnent d'une libération de dopamine, un neurotransmetteur de la famille des catécholamines qui, en jouant sur la plasticité cérébrale, permet d'ajuster le comportement. Un phénomène d'autant plus visible que la sensation a été positive. Les autres substances nerveuses impliquées sont les opioïdes endogènes (endorphines), notamment dans les jeux physiques et le sport, et l'ocytocine, dont il a été récemment montré par Angela Sirigu, neuropsychologue au Centre de neurosciences cognitives de Lyon et médaille d'argent CNRS 2013, qu'elle jouerait un rôle favorisant l'empathie chez l'enfant autiste.

À noter que la dopamine, parfois surnommée hormone du plaisir, est également impliquée dans une des grandes pathologies neurodégénératives, la maladie de Parkinson (où elle est insuffisamment sécrétée), ainsi que dans l'hyperactivité et les déficits attentionnels. En France et aux États-Unis, on remédie à ces deux derniers dysfonctionnements en administrant la Ritaline, qui a pour effet de stimuler la sécrétion de dopamine et donc de favoriser l'attention du patient. Une thérapie pharmacologique que Daphné Bavelier, professeur de psychologie à l'université de Genève, tente de remplacer ou de compléter par des serious games («jeux sérieux») à forte valeur éducative et généralement conçus par une collaboration entre des neuropsychologues et des concepteurs de jeux (2). Une démarche qu'elle applique aussi pour d'autres troubles comme la maladie de Huntington, l'anxiété et la dépression.